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LE must alimentaire, volume 4 numéro 4, 2010

L'assiette de l'athlète

PAR CATHERINE LEFEBVRE, DT.P. NUTRITIONNISTE


Les sportifs le savent, aux Jeux olympiques de Vancouver comme dans les grandes compétitions internationales, l’alimentation joue un rôle clé dans leur performance. Voici l’assiette gagnante de nos athlètes.

Qu’on ne s’y trompe pas. Un athlète, ça mange… ça mange beaucoup. «Un athlète olympique, dans une discipline d’endurance comme le ski de fond, peut avoir besoin de trois à quatre fois plus d’énergie qu’une personne sédentaire», explique Mélanie Olivier, diététiste de l'équipe olympique canadienne aux Jeux olympiques de Vancouver. Mais elle apporte une nuance importante. «Bien sûr, d’une discipline à l’autre, les besoins énergétiques varient énormément, selon l’intensité ou la durée de l’effort exigé, dit-elle. Un patineur artistique aura des besoins beaucoup moins élevés que le skieur de fond. Et évi demment, la constitution de l'athlète entre aussi en ligne de compte.»

UN COUP DE POUCE POUR LES MUSCLES

Les protéines sont littéralement la nourriture des muscles. C’est pourquoi il est important pour l’athlète d’élite d’en avoir suffisamment dans son alimentation. Il devra évidemment ajuster ses apports selon sa discipline. Pour les sports d’endurance, tels le vélo, la course ou le marathon, les besoins sont de 1,2 à 1,6 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel. Pour ceux de puissance, comme l’haltérophilie, la boxe et le sprint, ils s'élèvent jusqu’à 1,6 à 1,8 gramme par kilogramme de poids. En comparaison, le sportif du dimanche peut se contenter, par jour, de 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel. Comme pour les besoins énergétiques, il n’y a pas de règle coulée dans le béton, ça dépend toujours de la nature du sport et de la condition physique de l’athlète.

Plusieurs athlètes consomment aussi de la créatine, un type de supplément en poudre. Ce dernier contribue à alimenter les muscles et à leur fournir de l’énergie. Selon Extenso, il est destiné pour les sports nécessitant un effort intense suivi d’un repos (par exemple, le hockey) ou pour les sports d’endurance (pour plus de détails lire l’article Recherche de l’heure p. 27 dans le volume 4 no. 4 disponible en kiosque le 12 février 2010).

LE COMPTE À REBOURS EST COMMENCÉ

La veille d’une compétition, l’athlète veut emmagasiner le maximum de glycogène, forme sous laquelle les glucides sont emmagasinés dans le foie. Tout au long de la compétition, ces glucides seront sa première source de carburant. À quelques heures du moment de vérité,
l’athlète doit prêter une attention particulière à son menu, en variant les apports en gras et en glucides (voir tableau ). Il est primordial pour l’athlète de ne pas apporter de changement à ses habitudes alimentaires. Ceci risquerait d'engendrer des inconforts pouvant le gêner pendant sa compétition. Il vaut mieux éviter les aliments irritants, tels que les matières grasses, les épices, la caféine et les sucreries.

En faisant le plein d’énergie avant une compétition, il est tout aussi important de bien s’hydrater. Pour tous les types de sports, l’athlète doit boire de 400 à 600 millilitres d’eau de deux à trois heures avant la compétition.

DÉLAI AVANT LA COMPÉTITION CHOIX OPTIMAL DE REPAS
3 À 4 HEURES
 
Repas normal, faible en matières grasses
2 À 3 HEURES 1 portion d’aliments riches en protéines + 3 à 6 portions d’aliments
riches en glucides (pain, pâtes, barre de céréales, fruit, jus de fruits)
 
1 À 2 HEURES De 2 à 3 portions d’aliments riches en glucides
30 MINUTES De 1 à 2 portions d’aliments riches en glucides
 



UN PETIT BOOST À L'EFFORT

En cours de compétition, le corps a besoin d’un petit remontant. Pour les athlètes de puissance et ceux pratiquant des activités physiques de courte durée, l’eau suffit pour lutter contre la soif. Pour les disciplines d’endurance, ils doivent faire le plein de carburant énergétique – de sucre, tout en s’hydratant. Une boisson pour sportifs, additionnée de sucre et de sel, de type Gatorade, est recommandée. Toutefois, les concentrations ne doivent pas dépasser 8 grammes de sucre par 100 millilitres de boisson, afin de ne pas accélérer la déshydratation.

Pendant la compétition, l’athlète doit boire de 150 à 300 millilitres de liquide toutes les 15 à 20 minutes. «Si l’athlète préfère une boisson pour sportifs maison, plutôt qu’une du commerce, il est préférable pour lui de boire le même mélange en compétition, précise Catherine Naulleau, diététiste pour ATP nutrition, service-conseil en nutrition sportive et style de vie. Côté logistique, cependant, il n'est pas toujours possible d'apporter sa boisson maison préférée pour les compétitions qui ont lieu à l'extérieur, vu les nombreux bagages qui doivent suivre et les transports en avion. Avant le départ, l'athlète fera des tests avec différentes boissons dispo nibles à l’étranger, ou encore, apportera une boisson en poudre, plus facile à transporter.»

Pour certaines disciplines dont la période d’entraînement dure plusieurs heures (biathlon et ski de fond), les athlètes ont besoin, en plus d’une boisson énergétique, de s’alimenter. À l’entraînement, ils optent pour des compotes de fruits, des fruits secs, des barres de fruits et de céréales, des biscuits aux figues, etc. Mais, lors de la compétition, ils ne peuvent se payer le luxe de déballer tranquillement des produits ! Ils prendront alors ce qu’on appelle des gels énergétiques, qui combleront leurs besoins alimentaires.

UNE FOIS LA LIGNE D'ARRIVÉE FRANCHIE

Les sportifs doivent refaire leurs réserves en glycogène tout de suite après l’effort. Il faut compter sur les glucides pour combler ce manque et sur les protéines pour réparer les muscles, brisés à l’effort. «Un verre de lait au chocolat est en fait un excellent combiné de protéines et de glucides et en bonne proportion. Liquide, il est facile à absorber pour optimiser la récupération»,explique Mme Naulleau. Il faut surtout penser à s’hydrater après l’effort physique. Après un entraînement, la perte de poids notable sur un pèse-personne est en fait une perte en eau. Et c’est cette perte qu’il faut récupérer. Il faut donc compter 675 millilitres d’eau pour chaque kilogramme perdu.

LES PÉCHÉS MIGNONS DE NOS ATHLÈTES

Est-ce qu’on s’en étonnera, l’assiette de l’athlète n’est pas composée exclusivement de nourriture santé. Loin s’en faut parfois. Les sportifs aussi se permettent de petites gâteries. François Hamelin, patineur de vitesse courte piste, craque pour les jujubes, surtout ceux du Paradis des bonbons (de Paris) ou de Sucre Bleu, rue Saint-Denis à Montréal. Ariane Lavigne, membre de l’équipe de surf des neiges, avoue pour sa part que ses congénères ont un faible pour les desserts et le fast food lors de compétitions à l’étranger (eh oui !) et la bière bien méritée après de bonnes performances.

Mais ces incartades ne sont pas toujours sans conséquences. «De temps en temps, je me laisse tenter par une bonne poutine, admet Kalyna Roberge, patineuse de vitesse. Mais je le regrette toujours par la suite puisque j’ai des douleurs à l'estomac pendant deux jours ! » Ah ! gourmandise, quand tu nous tiens !

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